Création de danse contemporaine

Note d’intention 

La nuit est tendre.

C’est la première chose que j’ai su de ce spectacle. Qu’il se passerait là, dans cette lumière-là, avec cette douceur particulière qu’on ne trouve qu’après minuit.

Le jardin d’après minuit est un solo construit comme un rêve, avec ses sauts, ses absurdités, ses moments où quelque chose de très petit devient soudainement immense. Une fleur. Un lampadaire. Un verre de vin. Une tempête.

Je ne cherche pas à raconter le rêve. Je cherche à y être.

Le projet artistique 

Le jardin d’après minuit est mon premier spectacle il marque également la création de ma compagnie : la compagnie de la Demoiselle.

J’ai presque toujours su que je voulais créer des spectacles. Pas seulement les interpréter les faire naître, les construire de l’intérieur. Mais pendant longtemps j’ai attendu quelque chose. Le bon moment, les bonnes conditions, la bonne occasion.

En janvier 2026, j’ai compris qu’il n’y aurait pas de moment parfait. C’est cette prise de conscience qui a tout déclenché.

L’idée du spectacle est apparue comme une évidence : un solo. Le mien. L’univers du rêve s’est imposé naturellement, combiné à quelque chose que je ressentais à ce moment-là : le retour du printemps, une certaine légèreté, l’envie de quelque chose de vivant et de poétique. J’ai écrit une première ébauche, fragile, encore cherchante.

Puis en mai 2026 j’ai lu Le Grand Magasin des rêves de Lee Mi-ye. Ce livre a tout bousculé. Il m’a donné une langue, une permission. Celle de traiter le rêve non pas comme un décor ou une métaphore, mais comme un espace à part entière avec sa propre logique, sa propre tendresse, ses propres règles. J’ai réécrit presque intégralement ce que j’avais commencé.

Le jardin d’après minuit est né de là. D’un désir très simple et très profond : être sur scène. Créer ce spectacle c’est me donner ce que j’attends des autres un plateau, un espace, une raison d’y être. Je rêve d’être sur scène le plus souvent possible. Ce solo est ma façon de ne plus attendre que quelqu’un m’y invite.

Le désir central du jardin d’après minuit est de convoquer le rêve. Pas de le représenter : d’en fabriquer un, sur scène, avec un corps et peu d’objets.

Pas illustrer le rêve, pas en parler, le faire exister. Que pendant 45 minutes le plateau devienne un endroit où la réalité n’est pas celle que l’on pense, où une fleur peut pousser sous un lampadaire, où une tempête arrive sans prévenir, où arroser une plante avec du vin est un geste parfaitement logique.

Je veux que le spectateur entre dans une autre espace, une autre temporalité et qu’il y croie. Pas parce qu’on l’a trompé, parce qu’on lui a offert quelque chose de suffisamment vivant pour qu’il ait envie d’y être.

C’est ça l’enjeu. Pas raconter une histoire mais construire un endroit. Un jardin d’après minuit dans lequel j’évolue.